Qu’est-ce que la biodynamie et le label Demeter ?
Le logo Demeter* et les garanties qu’il offre vous attire mais sans vraiment savoir ce qui se cache derrière ?
Comme nous sommes à l’origine du lancement du premier rooibos produit selon le cahier des charges de l’agriculture biodynamique, il nous semblait important de revenir sur l’une des approches les plus globales de l’agriculture écologique.
Face aux limites de l’agriculture industrielle, ou conventionnelle, et à ses impacts sur le climat, les ressources naturelles et l’environnement, Les Jardins de Gaïa ont fait le choix de promouvoir l’approche biodynamique.
Pour cela, nous incitons, soutenons et accompagnons les producteurs sur cette voie. Aujourd’hui, grâce à ces efforts, 9,2 % de nos thés, tisanes et épices référencés sont issus de l’agriculture biodynamique, certifiée Demeter France !

De Goethe à Rudolph Steiner, une manière originale d’observer le vivant
Observer le vivant pour le comprendre et agir en respectant sa nature profonde : tel a été l’un des leitmotivs de Goethe tout au long de sa vie. Toutes les qualités du vivant, même subjectives, sont prises en compte dans son observation, notamment les couleurs, les formes, les odeurs.
Pour Goethe, la seule prise en compte des aspects quantitatifs (mesure, poids, nombre) de la science moderne ne permet pas d’appréhender la nature véritable de la chose ou de l’être observé. Réduire le vivant, y compris l’homme, à des systèmes complexes comparables à des machines peut engendrer de graves dérives : crise de la vache folle, sols stériles ne retenant plus l’eau, abus de produits phytosanitaires, production d’OGM à de simples fins commerciales…
Héritier de la pensée de Goethe, dont il fut chargé de publier l’œuvre scientifique en 1884, Rudolf Steiner approfondit l’approche du penseur allemand et en décrit l’aspect méthodique dans plusieurs ouvrages. Les fondements de l’agriculture biodynamique étaient nés…
Pour Rudolf Steiner, il était impensable d’oublier tous les acquis de nos ancêtres, remontant, en matière d’agriculture, à plus de 6 000 ans en Europe, sous prétexte d’avancées scientifiques révolutionnaires.
C’est à Koberwitz, dans l’actuelle Pologne, en juin 1924, devant un public composé majoritairement d’agriculteurs, qu’il précisa sa pensée. Ces derniers se posaient déjà des questions sur l’utilisation intensive des engrais chimiques produits pendant la Première Guerre mondiale ; ils trouvaient que la qualité de leur alimentation s’était dégradée et craignaient une baisse de fertilité des sols.
Lors d’un cycle de huit conférences intitulé « Cours aux agriculteurs », il remit en cause les méthodes de l’agriculture moderne et donna ainsi naissance au courant biodynamiste.
Bien plus que des pratiques agricoles, la biodynamie est une démarche globale pour renouer avec la nature
La biodynamie n’est pas qu’une affaire de techniques agricoles : elle intègre des dimensions philosophiques, sociales, économiques, humaines et éthiques.
Elle respecte les rythmes solaires et lunaires, la rotation des cultures, les biotopes favorisant le développement du végétal, les races adaptées au climat local, l’autonomie énergétique maximale des exploitations…
Si l’on prend l’exemple des sols, en agriculture dite « conventionnelle », les minéraux solubles apportés par les engrais chimiques sont directement transmis aux plantes par l’eau. Des apports toujours plus importants d’engrais entraînent une détérioration croissante des sols. Nous sommes loin de l’esprit d’une agriculture durable.
L’agriculture biodynamique, elle, nourrit et soigne le sol et met en jeu une utilisation judicieuse de tous les facteurs qui en déterminent la vie et la santé. Le but principal est de stimuler l’activité propre de la plante par une vivification du sol, afin de créer les conditions d’une fertilité durable.
Une rotation appropriée, des labours qui limitent les adventices, une bonne fumure et des pratiques culturales adaptées, réalisées au bon moment, stimulent la vie microbienne et favorisent l’obtention d’une récolte saine. De saison en saison, le paysan transforme le sol que lui a offert la nature en une terre cultivée à la fertilité optimale.
Soigner la terre pour mieux nourrir les hommes
L’agriculture biodynamique possède de nombreux points communs avec l’agriculture biologique. La grande différence réside dans l’utilisation de préparations à base de tisanes et de décoctions. Des plantes comme la prêle, l’ortie ou l’osier assurent, par exemple, une protection contre le mildiou et permettent un usage très limité du cuivre, un fongicide altérant la microflore du sol.
Pour fabriquer et employer au mieux ces préparations, les biodynamistes tiennent compte de l’influence des grands rythmes naturels de l’année, du mois lunaire et de la journée. Employées au bon moment, ces préparations amplifient les interactions positives de la terre et du cosmos sur les plantes. Pour renforcer la partie aérienne des plantes, on pulvérisera, par exemple, de la silice de corne très tôt le matin, au plus près du lever du soleil et en période de lune montante. Ceci améliorera la qualité des plantes comme le montrent les résultats de recherche récentes sur la vigne.
Une agriculture à la philosophie proche de nos partenaires-producteurs
Nos thés labellisés Demeter France viennent tous d’Inde et du Sri Lanka. À cela s’ajoutent quelques tisanes composées dont les plantes sont d’origine européenne.
Dans ces pays influencés par l’hindouisme et le bouddhisme, l’agriculture biologique puis biodynamique se sont tout d’abord imposées, dans les années 1980, comme des solutions économiques avant de devenir une évidence pour certains. Certains fondements de la biodynamie rejoignent les valeurs religieuses, les pratiques astrologiques, la médecine traditionnelle, l’Ayurveda… qui tiennent une place prépondérante dans la culture de ces deux pays.
L’application des préparations biodynamiques, les semis, la plantation, la taille, la fertilisation et la préparation du compost peuvent être réalisés en Inde.
Pour la protection des cultures, des purins de plantes locales sont employés. Les plantes endémiques d’Europe nécessaires à certaines préparations, comme la camomille, sont soit cultivées, soit remplacées par des plantes locales équivalentes.
À l’heure actuelle, le jardin de thé de Putharjhora, en Inde, ainsi que ceux de SOFA et MOPA, au Sri Lanka, sont certifiés Demeter. Les jardins de Seeyok, Singell et Samabeong, au Darjeeling, utilisent également les pratiques de la biodynamie, mais ne sont pas certifiés.
Ces dernières années, on constate dans ces jardins une diversification des cultures (il est courant que nos partenaires producteurs cultivent aussi bien du thé que des fruits et des épices), une mise en valeur des méthodes traditionnelles d’agriculture, la sauvegarde de certaines espèces et le respect de l’équilibre écologique. Au Darjeeling, par exemple, l’érosion due à d’anciennes pratiques intensives de déboisement est en net recul.
Grâce à sa capacité à régénérer rapidement et avec peu de moyens des sols dégradés par des années de pratiques intensives, la biodynamie vient donc au secours des petits producteurs qui, bien souvent, ont été victimes d’une révolution verte qui, en endommageant de nombreuses surfaces cultivées, n’a pas tenu ses promesses.
Mais plus encore, la biodynamie, et c’est là l’essentiel, préserve la santé de nos partenaires producteurs et leur garantit une qualité de vie qui les motive et qui se voit sur leur visage lors de chacune de nos rencontres. Cette manière saine et naturelle de travailler la terre et de prendre soin des théiers est une véritable source d’échanges et d’émulation.
Cette agriculture étant, depuis son origine, fondée sur un partage des connaissances, bien loin des notions de brevets ou de toute autre forme de privatisation intellectuelle, elle constitue un vecteur de lien et de partage qui transcende les frontières et nous recentre sur notre humanité.
Le premier rooibos produit en agriculture biodynamique en Afrique du Sud
Depuis 2017, sous l’impulsion d’Arlette Rohmer, créatrice des Jardins de Gaïa, qui a toujours vu en Wupperthal un lieu idéal pour y développer l’agriculture biodynamique, 26 paysans de la coopérative locale de rooibos produisent notre rooibos labellisé Demeter.
Ils se sont formés auprès du centre de formation Demeter de Stellenbosch et c’est sur le haut plateau de Vaalheuning, dans le Cederberg, au milieu d’un « royaume floral » protégé, que ce premier rooibos cultivé selon les principes de l’agriculture biodynamique prend naturellement sa force et sa richesse.
Nous sommes fiers d’être les seuls à pouvoir vous proposer ce rooibos Demeter, qui exprime toute la magie d’un terroir qui nous tient véritablement à cœur !
Si cet article vous a donné envie d’en savoir plus, n’hésitez pas à prendre contact avec le MABD (Mouvement de l’Agriculture Biodynamique).
*Déposé dès 1932, le label Demeter fait référence à la déesse de la fécondité et mère de la Terre dans la mythologie grecque. Demeter est la marque qui permet de reconnaître les produits issus de l’agriculture biodynamique. Un produit certifié Demeter satisfait aux exigences du règlement européen sur l’agriculture biologique et répond également au cahier des charges spécifique de la biodynamie.
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