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Sebitoli Chimpanzee Project : quatre créations engagées pour préserver les chimpanzés

Publié le 10.09.2026 par Les Jardins de Gaïa

Les Jardins de Gaïa soutiennent la préservation de la population des chimpanzés de Sebitoli, au nord du parc national de Kibale en Ouganda.

Au nord du parc national de Kibale, dans l’ouest de l’Ouganda, une centaine de chimpanzés sauvages vit dans une forêt tropicale riche mais menacée sur plusieurs plans. Sur ce site traversé par une route et bordé de cultures, le Sebitoli Chimpanzee Project étudie cette communauté, protège son habitat et travaille avec les habitants des villages à proximité, afin d’améliorer la cohabitation entre les humains et la faune sauvage.

Les Jardins de Gaïa soutiennent ce projet à travers quatre créations de leur gamme Les engagés pour la nature : Direction Ouganda, Cap Ouganda, Malin comme un chimpanzé et Terre d’Afrique. Trois thés et une infusion qui offrent des expériences gustatives distinctes mais qui sont réunis par un même principe : pour chaque produit vendu, 0,50 € est reversé à l’association Projet pour la Conservation des Grands Singes (PCGS).

Chimpanzé dans la forêt - Article Blog PCGS

Le Projet pour la Conservation des Grands Singes : comprendre pour mieux préserver

Fondée en 2006 par Sabrina Krief (vétérinaire, primatologue et professeure au Muséum national d’Histoire naturelle) et Jean-Michel Krief (photographe), l’association loi 1901 « Projet pour la Conservation des Grands Singes » a pour objectif de préserver les grands singes grâce à la recherche scientifique, aux actions de terrain et à la sensibilisation. Sabrina Krief mène depuis plus de 30 ans des études sur les chimpanzés sauvages et sur leur capacité à vivre dans un environnement profondément transformé par les activités humaines. Sur le terrain, le projet s’appuie aujourd’hui sur une équipe de 32 salariés locaux, dont 22 assistants de terrain répartis entre le suivi des chimpanzés, l’entretien des chemins, la lutte contre le braconnage et l’éducation environnementale. En France, huit bénévoles diffusent les connaissances acquises à Sebitoli et récoltent des fonds destinés à financer les salaires, le matériel scientifique et les actions de conservation.

Cette complémentarité est essentielle. La conservation ne consiste pas seulement à protéger cette espèce emblématique : elle demande également de comprendre les subtilités de son comportement, de suivre son état de santé, d'étudier sa culture et son rapport aux plantes, son milieu de vie et les relations qu’elle entretient avec les populations humaines voisines. Chaque avancée dans cette compréhension apporte de nouvelles possibilités d’agir plus efficacement et avec des mesures plus ciblées.

Une station de recherche au cœur de la forêt

Ouverte en 2015 dans le parc national de Kibale, la station de recherche de Sebitoli remplit trois fonctions : la recherche, l’hébergement et les actions de sensibilisation. Elle accueille les assistants ougandais ainsi que des chercheurs et des étudiants dans les meilleures conditions possibles pour qu'ils puissent aisément accomplir leur travail d'observation en forêt, recueillir des données et organiser les activités pédagogiques.

La station comprend notamment un laboratoire où sont traités et conservés les échantillons collectés sur le terrain (poils, urines ou matières fécales). À partir de ces prélèvements et des observations quotidiennes, les scientifiques peuvent étudier avec précision la santé des chimpanzés, leurs liens de parenté et les effets de la pollution sur leur organisme.

Les recherches conduites à Sebitoli portent également sur la vie sociale des chimpanzés, leurs cultures, leur communication, leur comportement alimentaire et leur utilisation d’outils. Plus de trente articles scientifiques et cinq thèses ont été consacrés à la communauté, à son habitat ou aux autres espèces de la région, comme les babouins et les éléphants.

Une étude a notamment porté sur près de 2 300 nids afin de comprendre comment les chimpanzés choisissent un arbre, assemblent les branches et sélectionnent certaines plantes qu'ils installent dans leur nid. Ces travaux ont permis d’explorer le confort du nid et le possible effet répulsif de certaines feuilles contre les moustiques. La connaissance scientifique devient ici un véritable outil d'aide à la conservation de l'espèce et de son habitat, la forêt tropicale.

Sebitoli, une forêt tropicale sous pression

Le site de Sebitoli se trouve à l’extrême nord du parc national de Kibale, un espace de 795 km² au pieds des montagnes du Rwenzori. Cette forêt tropicale de moyenne montagne abrite une biodiversité exceptionnelle, avec douze espèces de primates, mais aussi des éléphants de forêt et de savane, des oiseaux, des papillons et de nombreux petits mammifères.

Cet environnement naturel et protégé est pourtant loin d’être isolé des activités humaines. Une route bitumée traverse le territoire des chimpanzés et coupe leur domaine vital en deux. Le trafic génère du bruit, des déchets sur les bas-côtés et un risque de collision avec la faune. Tout autour du parc, les plantations industrielles de thé, les cultures de maïs ou de bananiers et les plantations d’eucalyptus réduisent et fragmentent progressivement l’habitat forestier.

À ces pressions s’ajoute l’utilisation de pesticides. Plusieurs substances toxiques se retrouvent dans les sols, les aliments et les cours d’eau qui traversent la forêt. Les études menées par les chercheurs ont mis en évidence une contamination environnementale importante à laquelle les chimpanzés, les humains et d'autres espèces sont exposés. L’analyse des poils des chimpanzés de Sebitoli confirme cette exposition avec 60 polluants trouvés dans leur organisme. 

Les chimpanzés de Sebitoli, une communauté suivie au quotidien

La communauté de Sebitoli compte environ une centaine de chimpanzés répartis sur un territoire de 25 km². Parmi eux, 60 sont identifiés et suivis quotidiennement par les assistants de terrain. Un quart d'entre eux présentent des malformations faciales probablement liées à une exposition aux pesticides pendant le développement embryonnaire, tandis qu’un tiers souffre d’une ou plusieurs invalidités causées par des collets posés dans la forêt.

Un collet fait d’un câble métallique, destiné à capturer du petit gibier peut enserrer la main, le poignet ou le pied d’un chimpanzé. S’il parvient à survivre, le chimpanzé doit ensuite apprendre à grimper, se déplacer, chercher sa nourriture et fabriquer son nid avec un membre mutilé. Les jeunes, les femelles comme les mâles peuvent être touchés.

Derrière les données scientifiques, les assistants de l'équipe décrivent souvent des individus aux personnalités contrastées. Elliott, par exemple, est un mâle alpha depuis plus de 15 ans qui reste respecté et apprécié par l’ensemble de la communauté malgré une main abîmée par un piège. Kenzo, elle, a une grande famille, composée d’une femelle, Koji et trois mâles, Kinome, Kiki et Woody. Ce dernier surprend par son ingéniosité à perfectionner des outils qui permettent de prélever du miel d’abeilles mélipones.

Chaque jour, quatre binômes d’assistants observent ces comportements sociaux. Les équipes quittent le camp dès 5h pour être sur site avant que les chimpanzés quittent leur nid vers 6 h 30 et les observations se terminent lorsque ces derniers en construisent un nouveau, autour de 19h pour un retour à la station vers 20h ou 21h. En parallèle de l'étude de leur comportement, de leur alimentation, de leurs déplacements et de leurs relations sociales, les équipes sont très attentives à la floraison et à la fructification des arbres dont les grands singes dépendent.

Des actions concrètes tout au long de l’année

Pour permettre aux chercheurs et aux assistants de circuler dans une végétation dense, un réseau d’environ 130 km de chemins est entretenu et des ponts sont construits au-dessus des rivières. Une partie de ce réseau sert également au suivi des arbres et à l’évaluation des ressources alimentaires disponibles pour les chimpanzés.

Faire reculer le braconnage

Le braconnage étant un vrai fléau pour les chimpanzés, l’équipe anti-braconnage parcourt régulièrement la forêt et sa lisière à la recherche de pièges, d’arbres coupés, d’écorces prélevées et d’autres traces d’activités illégales. Non armés, ces assistants travaillent en lien avec les rangers de l’Uganda Wildlife Authority. Chaque année, ils désamorcent plus de 200 pièges et cartographient les atteintes portées à la forêt afin de mieux cibler les futures actions de sensibilisation dans les villages environnants.

L’objectif n’est pas uniquement de retirer un collet du sol. Il faut aussi comprendre pourquoi il a été placé là et travailler avec les communautés locales et les employés des sociétés de thé pour réduire durablement le recours au braconnage. La pauvreté, l’insécurité alimentaire, la perte des cultures et le manque de revenus sont autant de facteurs qui peuvent pousser certaines familles à prélever des ressources dans le parc.

Sensibiliser et partager les connaissances

La sensibilisation occupe donc une place centrale dans le projet. À la station, les enfants du village participent à des activités pédagogiques et artistiques consacrées à la biodiversité ougandaise. Dans les villages et les plantations, l’équipe échange avec les agriculteurs et les ouvriers, organise des ateliers et mène des opérations de collecte de déchets le long de la route.

Des cameras à détection de présence sont également installés dans la forêt et à sa bordure. Les vidéos ainsi obtenues permettent de mieux connaître la faune présente, mais aussi de créer des supports de communication accessibles au plus grand nombre. En France, les bénévoles prolongent cette transmission : conférences, expositions photos, mise en avant sur les réseaux sociaux, vidéos ou interventions à la radio sont autant de moyens de faire connaître les chimpanzés de Sebitoli et les risques auxquels ils sont confrontés.

Les Chimps Guardians, acteurs de la cohabitation

Les chimpanzés ne sont pas les seuls à quitter la forêt pour rechercher de la nourriture. Les éléphants et les babouins pénètrent eux aussi dans les cultures, parfois avec des conséquences économiques considérables pour les agriculteurs qui se plaignent de ces dégradations menaçant leur survie.

Pour limiter ces conflits, les Chimps Guardians, un groupe de vingt villageois issus de six villages situés à la bordure nord-ouest du parc ont intégré le projet. Depuis 2021, ils assurent un gardiennage collectif et non violent des champs. Ils entretiennent également les tranchées destinées à freiner les incursions des éléphants : 22 km de tranchées protègent aujourd’hui les cultures. Le Sebitoli Chimpanzee Project a contribué à la formation d’une association autour des Chimps Gardians et soutient financièrement leurs activités.

Tea Saves The Chimps : préserver la forêt grâce à une agriculture biologique et durable

Protéger les chimpanzés ne peut pas se résumer à surveiller les limites d’un parc national. Pour que les actions de conservation produisent des effets durables, elles doivent aussi prendre en compte les conditions de vie des populations humaines qui habitent à proximité.

C’est dans cet esprit qu’a été imaginé le projet « Tea Saves The Chimps ». Son objectif est d’accompagner le développement d’une agriculture biologique et durable autour de Sebitoli, en particulier pour le thé et les cultures vivrières. Le projet a été conçu de concert avec six communautés villageoises et avec la plantation de thé bio de Kahangi, qui pratique l’agroforesterie. SCP a organisé des formations pour accompagner les producteurs vers une réduction des intrants chimiques. L’agroforesterie associe les cultures à des arbres et à d’autres plantes afin de maintenir la fertilité du sol, de préserver l’eau et de favoriser la biodiversité. Cultivé dans de meilleures conditions, transformé localement et vendu à un prix plus juste, le thé peut contribuer à améliorer les revenus des producteurs. L’idée est qu’une plus grande sécurité économique et alimentaire réduise, à terme, la pression exercée sur la forêt et le recours au braconnage.

Cette approche relie la santé des humains, celle des animaux et celle de leur environnement. Elle cherche à mettre en place un meilleur équilibre entre agriculture, développement local et conservation de la faune sauvage : une seule santé, pour un territoire partagé.

Les fonds récoltés grâce aux ventes de trois thés et une tisane de la gamme Les engagés pour la nature des Jardins de Gaïa contribuent notamment aux actions de lutte contre le braconnage, à la sensibilisation des populations locales et au soutien des producteurs de thé en les incitant à ne plus recourir aux pesticides et à pratiquer l'agriculture biologique. Ils permettent aussi d’aider les équipes à travailler sur le terrain en finançant du matériel et une partie de leur activité.

Trois thés et une tisane pour soutenir le projet de Sebitoli

Thés et tisanes Engagés pour PCGS

Direction Ouganda, Cap Ouganda, Malin comme un chimpanzé et Terre d’Afrique offrent trois expériences de dégustation différentes et permettent de prendre part au même projet. Pour chaque sachet vendu, et selon le principe de la gamme « Les engagés », 0,50 € est reversé au PCGS afin de soutenir ses actions en faveur des chimpanzés, de la forêt et des communautés locales.

Direction Ouganda, la fraîcheur d’un thé vert de Kibale

Avec Direction Ouganda, le terroir ougandais s’exprime dans un registre tout en fraîcheur. Cultivé en agriculture biologique au Kahangi Tea Estate, dans la région de Kabarole, ce thé vert pousse dans un environnement préservé aux portes du parc national de Kibale. Le domaine mise notamment sur l’agroforesterie, qui associe les théiers à une végétation diversifiée et contribue au maintien des équilibres naturels.

En tasse, Direction Ouganda séduit par son profil à la fois doux et expressif. Sa liqueur révèle des nuances de fruits jaunes et de sucre cassonade, relevées par une touche minérale rappelant la pierre chauffée au soleil. Une palette originale qui peut accompagner aussi bien des légumes poêlés et des crustacés qu’un dessert fruité.

Cap Ouganda, un thé noir issu de l’agroforesterie

Cap Ouganda est un thé noir produit en agriculture biologique au Kahangi Tea Estate, dans le district de Kabarole, en lisière du parc national de Kibale. Géré selon des principes de l'agroforesterie, ce domaine constitue un partenaire important du projet Tea Saves The Chimps.

Ce thé nature offre une liqueur veloutée et sans amertume. Ses notes fruitées évoquent la douceur de la mangue sur un agréable fond malté, sucré et gourmand. Idéal au petit déjeuner, en accompagnement de fruits secs ou d'un dessert à base de fruits compotés.

Par son origine et son mode de production en agroforesterie, Cap Ouganda crée le lien le plus direct entre la tasse, le travail des producteurs ougandais et la préservation de la biodiversité autour de Sebitoli.

Malin comme un chimpanzé, une ode gourmande à la nature sauvage

Malin comme un chimpanzé est un thé noir biologique aromatisé, élaboré sur une base de thé noir. Le thym et le miel ouvrent la dégustation avec douceur, avant de laisser place aux notes fruitées et généreuses de figue, un fruit dont raffolent les chimpanzés.

Cette création gourmande, douce et fruitée rend hommage à l’intelligence des chimpanzés, à leur curiosité naturelle et à leur capacité à apprendre et à fabriquer des outils.

À travers son nom et son univers, Malin comme un chimpanzé remet la communauté de Sebitoli au centre du récit et nous invite à porter un autre regard sur nos plus proches cousins.

Terre d’Afrique, une infusion chaleureuse et épicée

Terre d’Afrique complète cette sélection avec une infusion biologique sans théine, inspirée par la force des paysages africains. Sa recette marie la fraîcheur citronnée du lemongrass à la douceur et la chaleur de la cannelle, et au mariage épicé de poivre vert, de poivre noir et de piment. Des pétales de tournesol viennent apporter une touche lumineuse et colorée à la recette.

À la fois fraîche, réconfortante et épicée, cette infusion élue Meilleur Produit Bio 2024 par les consommateurs peut être appréciée chaude ou glacée.

Bien que sa composition ne contienne pas de thé produit sur le site à la lisière de Kibale, chaque sachet de Terre d’Afrique participe, lui aussi, au financement des actions du PCGS.

Quatre dégustations, un même engagement

Choisir Direction Ouganda, Cap Ouganda, Malin comme un chimpanzé ou Terre d’Afrique ne suffit pas, à lui seul, à résoudre les menaces qui pèsent sur les chimpanzés de Sebitoli. Mais chaque produit acheté contribue à une action collective menée par une équipe soudée sur le long terme : étudier les grands singes, retirer les pièges, préserver la forêt, soutenir les équipes ougandaises, sensibiliser les populations et favoriser une agriculture plus respectueuse du vivant.

https://sebitolichimpanzeeproject.com/le-projet/localisation-du-projet/

Crédit photo : © Jean-Michel KRIEF

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