Botanique
Le théier (Théa sinensis) est un arbuste à feuilles persistantes de
la famille du Camellia. Une seule espèce est cultivée de nos jours.
Celle ci porte le nom de Camellia sinensis. Les deux variétés
principales sont celles de Chine et d’Assam.
A l’état sauvage, le théier peut atteindre une hauteur pouvant aller
jusqu’à 20 mètres. Dans les plantations, grâce à des tailles
successives, il est maintenu à celle d’un arbrisseau (environ 1,20
mètres) pour donner ce que l’on appelle “la table de cueillette”. Le
théier exige un climat tropical chaud et humide et une terre bien
drainée. La qualité de sa production variera (comme pour celle d’un
vin) en fonction de la nature de son terrain, de son altitude, de sa
fabrication, de son époque de récolte, de son climat vent, pluie,
humidité, chaleur et de son ensoleillement.
Les feuilles de thé contiennent un certain nombre de vitamines et
de sels minéraux bénéfiques à la santé. Le thé stimule et augmente les
facultés de concentration et chasse la fatigue. Il a une action
bienfaisante sur la mémoire, la vue. Il favorise la digestion, dissout
les graisses alimentaires, fait baisser le taux de cholestérol et de
sucre et aide à l’amaigrissement (surtout le thé vert, le Pu-ehr et le
thé semi-fermenté). De nombreuses études et analyses ont été faites et
sont encore en cours et la recherche médicale s’intéresse de très près
à toutes ses qualités.
"Mais la qualité principale à nos yeux est que le thé, boisson la
plus consommée à travers le monde, est un véritable art de vivre. Il
est ce breuvage spirituel et magique, à travers les âges et les
cultures, qui a su séduire les Hommes, a su les rapprocher, les faire
rêver et voyager…"
Classification des thés
Longtemps, botanistes et planteurs pensèrent qu’il existait deux
sortes de thés, le vert et le noir, mais Robert Fortune prouva en 1843
que ces deux sortes étaient retenues à partir de la même plante et ne
se différenciaient que par les opérations subies après la cueillette.
Les thés blancs
La fabrication du thé blanc se limite à deux opérations :
flétrissage et séchage. Sa production est faible et provient
essentiellement de Chine. On produit aussi récemment des thés blancs en
Inde appelés “silver tips”.
Son appellation “thé blanc” provient de la couleur de ses
bourgeons blanc argenté et de la présence de fins duvets blancs sur
ceux-ci.
Les vrais bons thés blancs sont très rares et très onéreux. Ils sont
doux et rafraîchissants. Leur infusion est limpide de couleur mandarine
pâle. Leur goût est velouté et sucré et leur parfum très fleuri.
Les thés verts ou vierges
On appelle également les thés verts des thés non fermentés. Il existe pour ces thés deux procédés de fabrication.
La méthode chinoise :
Après la cueillette, les
feuilles sont séchées dans des woks (bassines) ou sur des plaques
chauffées à une température de 100°, ceci afin d’éviter le processus
naturel de fermentation. Puis ces feuilles sont roulées et triées.
- La méthode japonaise :
Les feuilles cueillies sont passées à la vapeur, sur un bain d’eau dans
des cuves. Elles restent ainsi souples et tendres pour procéder au
roulage. Puis intervient le séchage afin d’éviter leur oxydation. Ces
opérations sont ainsi répétées plusieurs fois jusqu’à ce que toute
l’humidité soit évaporée. Après le séchage définitif, elles sont triées
selon leur taille en différentes catégories, puis emballées.
Fabrication du matcha, thé vert en poudre :
Après séchage à l’air chaud, puis passage à la vapeur comme
précédemment, les feuilles sont coupées puis séchées à nouveau pour
finir moulue en fine poudre. Le matcha est utilisé traditionnellement
pour la cérémonie du thé “cha no yu ” et est également très prisé en
cuisine pour les plats sucré ou salés.
Les thés oolongs, semi-fermentés ou bleu-vert
Les thés oolongs sont intermédiaires entre les thés noirs et les
thés verts. Ils n’ont subi qu’une fermentation courte. Ils conservent
les propriétés et la fraîcheur des thés verts et donnent un arôme
proche des meilleurs thés noirs. Il existe deux méthodes de fabrication.
La méthode chinoise :
Après la cueillette, les
feuilles sont, pendant un temps très court (environ 1 heure), flétries au
soleil puis agitées dans des corbeilles afin d’en abîmer les bords
favorisant ainsi leur fermentation. Elles sont ensuite alternativement
remuées puis séchées. Les bordures prennent une teinte rouge due à
l’oxydation. Cette phase de fermentation de 12 à 20% dure 1 à 2 heures
puis est stoppée par la dessiccation ou séchage. On obtient ainsi des
thés à l’infusion douce et claire proches des thés verts.
- La méthode de Formose
Les feuilles soumises à une fermentation plus longue 60 à 70 % sont
plus proches des thés noirs. Leur tasse est dorée et leur goût
savoureux et fleuri.
Les thés Oolong sont faibles en théine et conviennent à tous les repas et à toutes les heures de la journée.
Le rooibos
Le rooibos ou thé rouge originaire d’Afrique du Sud est un thé qui ne possède de thé que le nom !
Il s’agit en fait d’un arbuste endémique d’Afrique du Sud :
l’aspalathus linéaris. De ses feuilles fines comme des aiguilles, on
obtient une boisson aromatique se laissant boire à toute heure,
dépourvue de théine, contenant très peu de dérivées polyphénoliques.
Elle est surtout connue sous le nom de thé rouge.
Son appellation, utilisée par tous les importateurs, négociants,
vendeurs de thé est tout simplement la traduction de son appellation
d’origine qui est « Rooitea »
C’est sans doute sa fabrication, proche de celle du thé noir
(oxydation ou fermentation) et la couleur rouge de son infusion qui lui
ont donné son nom.
- Origine et botanique
Le rooibos (Aspalathus
linéaris en latin) fait partie de la famille des légumineuses et
prospère uniquement sur les sommets sud-ouest (dans le Namaqualand dans
la région de Clanwilliam) des plateaux d’Afrique du Sud. Avec ses fines
feuilles en forme d’aiguilles liées étroitement aux ramifications, il a
tous les atouts pour s’adapter à ce climat chaud et sec. Un plant de
rooibos vit en moyenne 7 années. Ce n’est qu’après un an et demi que la
plante va commencer à produire. Celle-ci atteindra son apogée au bout
de 3 ans, puis sa production baissera progressivement tous les ans.
Avant de mourir, les aiguilles seront teintées de rouge (d’où son nom
rooibos qui signifie buisson rouge).
- Fabrication
La
récolte se fait une fois par an, du mois de janvier au mois de mars. Ce
sont les mois les plus chauds en Afrique du Sud, les températures
avoisinent 40° à 45°C la journée et 20°C la nuit. Ce climat permet un
procédé de fabrication des plus naturels. La fermentation et le séchage
se font en plein air avec l’aide du soleil. L’air est pur : ni
poussière, ni gaz industriels ou chimiques.
Les buissons
entiers sont récoltés jusqu’à une hauteur de 30 cm du sol. Ces récoltes
sont pour la plupart manuelles, seules les très grosses exploitations
utilisent des machines. Dans les grosses fermes, la transformation est
faite sur place, les petites exploitations livrent leurs récoltes aux
coopératives. La fabrication est toujours identique : des rameaux
entiers sont découpés en fines feuilles d’environ 5 mm, celles-ci sont
étendues dans une cour à thé sur une épaisseur de 50 cm et vaporisées
d’eau afin que la fermentation soit identique pour toute la récolte. Ce
processus va donner à la plante son goût et sa couleur, du vert tendre
la feuille passera au rouge doré. Après quelques heures de
fermentation, le rooibos, étalé en une couche fine séchera sous le
soleil sud-africain. L’opération suivante consiste à trier les feuilles
pour déterminer les grades de qualité (élimination des branches et
éventuels cailloux, dépoussiérage à l’air). Pour obtenir 400 kilo de
grade fin, 4 tonnes de plantes fraîches sont nécessaires... Pour une
conservation optimale, le rooibos est pasteurisé à l’air chaud.
- Le rooibos et la santé
Bien avant sa commercialisation le rooibos était consommé par les autochtones pour ces bienfaits.
Aujourd’hui, des professionnels du milieu médical des quatre coins de
la planète ont reconnu les vertus médicinales et bienfaisantes du
fameux « thé rouge ». Le rooibos a été utilisé avec succès pour traiter
des problèmes de digestion, d’insomnie et d’allergie. Il aurait un
effet apaisant sur le système nerveux et est recommandé pour le
soulagement du stress et de la dépression.
Ce thé contient une variété importante d’éléments minéraux et de
vitamines parmi lesquels le fer ou la vitamine C. L’effet
antiallergique du rooibos fait de cette plante une boisson idéale pour
les enfants souffrant des rhumes des foins, des pollens ou d’allergies
alimentaires. Le rooibos contient également une enzyme, la Superoxide
Dismutase, ainsi que d’autres antioxydants qui neutralisent les dommages
causés par les radicaux libres dans notre corps. Ces derniers sont
entre autre la cause de l’accélération du processus de vieillissement,
et sont souvent associés à des problèmes cancérigènes et
cardio-vasculaires. Le rooibos est aussi un élément idéal pour les
régimes à basses calories.
Bien d’autres vertus sont encore attribuées à cette plante, les
recherches sont toujours en cours, cette boisson douce et ensoleillée
n’a pas encore livré tous ses secrets…
Les thés noirs ou fermentés
Il existe deux procédés de fabrication. La méthode «orthodoxe», la plus ancienne et la plus répandue et la méthode CTC.
Fabrication du thé noir
1. La méthode «orthodoxe»
- La cueillette
La cueillette est certainement
l’opération essentielle dans le processus de culture et de fabrication
du thé. C’est elle qui déterminera la qualité de l’infusion. A
l’extrémité de chaque rameau et dans l’axe de celui-ci, se forme un
bourgeon recouvert d’un fin duvet blanc qui devient jeune pousse,
s’allonge, prend la forme d’un petit cigare vert en s’apprêtant
, lorsqu’il se déroulera, à devenir une feuille. C’est ce bourgeon que
l’un nomme PEKOE. Les TIPS sont les fines pointes du bourgeon et sont
des preuves de qualité.
Il existe plusieurs types de cueillette :
- La première dite “impériale” consistait à ne pincer que le bourgeon terminal et la première feuille. Aujourd’hui, celle-ci a malheureusement disparu.
- La cueillette dite “fine” consiste à prélever le bourgeon terminal ainsi que les deux premières
feuilles. C’est à l’heure actuelle, la meilleure cueillette que l’on
puisse rencontrer dans les plantations.
- La cueillette
dite “grossière” va elle prendre 3, 4 voire 5 feuilles. Ce sont les
thés les plus courants. Les thés que nous vendons, proviennent
essentiellement de cueillette dite “fine”.
- Le flétrissage
Cette opération consiste à ramollir la feuille en lui faisant perdre de
40 à 70 % de son humidité. Elle a pour but de préparer la feuille au
roulage sans être brisée. Autrefois, une fois cueillies, les feuilles
étaient mises à sécher au soleil pendant une vingtaine d’heures. De nos
jours, on répand les feuilles en couches minces sur de larges claies
entreposées les unes sur les autres, espacées d’une vingtaine de
centimètres et à travers lesquelles on fait circuler un courant d’air
chaud.
- Le roulage
Cette
opération a pour but de briser les cellules de la feuille et de libérer
et extraire les huiles essentielles qui rendront la fermentation
possible. Autrefois ce roulage se pratiquait à la main, mais il a été
remplacé depuis longtemps par de grosses machines qu’on appelle “
rouleuses ” (disques en métal qui tournent dans le sens contraire et
qui exercent une pression sur les feuilles).
- La fermentation
C’est l’opération essentielle : par fermentation naturelle, le thé vert
se transforme en thé noir. La fermentation qui détermine le goût, la
couleur et la subtilité de l’arôme. Elle s’obtient en disposant les
feuilles en lits sur les tables de fermentation. Les cellules de la
feuille sont brisées et vont s’oxyder au contact de l’air. Pour obtenir
une fermentation de qualité, il convient de maintenir une température
de l’air constante entre 18 et 25°, des normes d’hygiène draconiennes
et une salle bien ventilée avec un fort degré d’humidité. C’est le
planteur lui-même qui juge du moment opportun pour stopper le temps de
la fermentation.
- La dessiccation
Autre phase importante dans la préparation du thé. Elle consiste à
stopper la fermentation et à mettre un terme aux transformations que la
feuille de thé n’a cessé de subir depuis sa récolte. Les feuilles sont
alors mises à sécher dans un dessiccateur (grand four rectangulaire
dans lequel passe en va et vient un tapis roulant). Cette opération
dure en moyenne de 20 à 30 min.
- Le criblage ou tri
Le tri consiste à séparer les feuilles roulées selon leur grosseur et
leur état (feuilles entières ou brisées) et permet de classer et de
déterminer les différents grades de qualité. Il se pratique dans
certains jardins entièrement à la main.
2. La méthode CTC (Cut, Tear, Curl - broyage, déchiquetage, bouclage)
Par cette méthode on obtient des petits grains qui infusent plus
rapidement et donnent des thés puissants. Les feuilles flétries passent
entre deux rouleaux qui tournent en sens inverse. Elles sont ensuite
pulvérisées et désintégrées en de minuscules particules. Puis
intervient la phase de fermentation et de dessiccation.
Classification des thés
Elle comporte essentiellement trois classes principales. Chacune de ces classes comprend différents grades :
Thés de feuilles entières
- SFTGFOP Spécial Finest Tippy Golden Flowery Orange Pekoe :
Le meilleur tri des feuilles jeunes, fines et bien enroulées, avec un important nombre de golden-tips.
- FTGFOP Finest Tippy Golden Flowery Orange Pekoe :
FOP de qualité exceptionnelle. Feuilles jeunes, fines avec beaucoup de golden-tips.
- TGFOP Tippy Golden Flowery Orange Pekoe :
Feuilles jeunes avec beaucoup de golden-tips.
- GFOP Golden Flowery Orange Pekoe avec des golden-tips.
- FOP Flowery Orange Pekoe :
Feuilles jeunes, tendres avec des golden-tips.
- OP Orange Pekoe :
Feuilles longues et plates, plus grandes que les FOP, pas de tips.
- S Souchong :
Grosses feuilles roulées dans le sens de la longueur. Utilisées généralement pour les thés de Chine fumés.
Thés de feuilles brisées ou Broken
- GFBOP Golden Flowery Broken Orange Pekoe :
Qualité supérieure de la production broken
- TGBOP Tippy Golden Broken Orange Pekoe :
Broken avec beaucoup de golden-tips
- BOP Broken Orange Pekoe :
Composé de feuilles brisées mais jamais plates, qui comporte beaucoup de golden-tips et a une grande régularité d’aspect.
Fannings et dust
- Les Fannings Feuilles broyées : il s’agit de morceaux
plats de toutes petites feuilles. Ces thés sont plus corsés que les
broken.
- Les Dust : composés de poussières fines de thé
formées par la brisure des feuilles, utilisées pour les infusettes
essentiellement.
|